Professeur d’art dramatique / coach / formateur

 

Ma vision du Jeu

Jouer est relié à l’enfance. Demandez à un enfant, dans son bac à sable, qu’il devienne cow-boy ou indien ou que sais-je… Sa croyance sera totale, sans forcer, il est l’exemple que nous devons suivre en tant qu’acteur. Libre de toute contrainte et de toute peur. L’acteur est un ténor de l’action scénique et physique. Pour être sincère, il doit se hisser à la hauteur de son art. Faire que les circonstances imaginaires deviennent réelles pour lui, là est le vrai défi. « Le jouer-vrai » demande spontanéité et préparation rigoureuse dans le but d’être disponible pour le personnage.

 

D’où je viens

Quand j’ai commencé à enseigner l’art dramatique, jamais je n’aurais pensé prendre autant de plaisir à partager mes compétences techniques et humaines. D’ailleurs je ne pensais pas en avoir d’assez importantes pour être un relais. Lesley Chatterley ainsi que Robert Cordier, mes mentors en quelque sorte, ont vraiment orienté mon travail avec les acteurs. On ne peut être un bon coach si l’écoute que l’on porte aux autres n’est qu’un acte didactique. L’empathie absolue est un gage de qualité quand on dirige un acteur.

 

Le secret

Il y a quelque chose que je pense fondamental pour l’acteur : l’autonomie ! Cela se travaille, cette faculté s’acquiert grâce à l’obstination de vouloir vivre le moment présent, à tout prix. L’acteur est relié à tous ses sens avec une disponibilité totale aux autres.

 

De l’imagination

L’imaginaire de l’acteur doit être palpable et concret pour lui et l’autre (public & partenaires), afin d’engager totalement sa capacité dans l’action. Il doit être apte à capturer et libérer son imaginaire. La créativité permanente de chaque instant est accessible, alors. Sur le plateau, il faut saisir l’immédiateté de ses émotions et les exprimer pleinement. Il est aussi important de savoir jouer avec les états émotionnels du moment : c’est un réflexe, basé sur la confiance. Cette capacité à être adaptable et toujours en éveil, dans le moment présent se nomme la disponibilité.

 

Avec le metteur en scène

L’acteur a aussi pour challenge d’être en permanence une force de proposition créative pour le metteur en scène. Sur un plateau, il doit manier avec souplesse ses aptitudes à imploser et exploser, pour donner force et vie à son personnage.

 

Ma propre expérience de coach

Englober l’autre, le comprendre, le pousser dans ses retranchements sans souffrance mais en insufflant la conscience profonde qu’il va trouver l’issue. Voilà un bon coach. Il y a aussi un parcours de vie, le vécu amène la force d’écoute du cœur de l’autre.

Mon travail dans l’univers carcéral avec les détenus, l’engagement que j’ai pris de faire un travail de fond avec certains jeunes en difficultés, et certains adultes aussi, ont nettoyés le miroir terni de la peur qu’on peut avoir parfois. Ce miroir peut avoir plusieurs facettes, la peur de soi mais aussi des autres. Bien sûr que la peur peut être là, de temps en temps, il faut l’accepter. Mais elle doit être un moteur, pas un empêchement.

Robert Cordier me disait «  Acteur c’est un métier. Et un métier, ça s’apprend ! ».
Il avait raison. Le théâtre, le cinéma sont des métiers. Et un métier pour le faire il faut l’apprendre. Dans mon propre travail d’acteur je mets en application ce que j’enseigne aux autres. Il est essentiel d’expérimenter l’enseignement que l’on prodigue. Tous les grands pédagogues ont eux aussi cette capacité de pouvoir franchir le rubicond.

Je ne crois pas aux « profs » professionnels qui se basent sur la didactique sans connaitre la pratique du plateau. Ceux-là sont peu crédibles à mon gout. Les années d’enseignement m’ont appris la rigueur et surtout l’écoute, puis la mise en action. Une compétence est un outil qu’il faut peaufiner.  Les divers stages que j’ai pu faire m’ont bien structuré pour l’enseignement mais je crois que le plus formateur est définitivement le grand saut dans le vide. En tant qu’acteur, face à son quatrième mur dans des théâtres de mille places ou ceux plus intimistes, on apprend l’humilité et le don de soi. Enseigner c’est donner sans compter, plus et encore plus.

 

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